Plus de 3750 inscrits, 12 pays européens représentés, 3 jours de débats et de partage autour de la transition énergétique des territoires, un programme de plus de 120 rendez-vous – plénières, ateliers, forums etc. Il serait difficile de retranscrire intégralement l’ensemble des informations partagées et collectées lors des Assises Européennes de la Transition Energétique de Bordeaux 2017. Voici, pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion d’y assister ou en partie seulement, quelques points qui ont marqué cette édition.



#1 Une dimension européenne réaffirmée avec une intervention filmée de Maros SEFCOVIC en ouverture.
Depuis 2 ans, les Assises de l’Energie sont officiellement devenues les « Assises européennes de la Transition Energétique » : une évolution qui se justifie par la représentation de plus en plus forte des régions et territoires européens dans la programmation de l’événement. Cette année, 350 intervenants de 12 pays ont contribué à bâtir ce condensé d’actions concrètes, grâce à un appel à projets « programme » lancé à l’échelle européenne en juin dernier. Les sommets mondiaux sur le climat, les directives législatives de Bruxelles donnent des caps aux collectivités qui se chargent ensuite de les adapter et de les mettre en oeuvre selon leurs propres spécificités de territoires. Ce rôle prépondérant des acteurs locaux dans la transition énergétique et écologique et l’importance de leur mise en réseau à l’échelle européenne et mondiale sont désormais actés pour tous les acteurs institutionnels et gouvernementaux, comme en témoigne l’intervention filmée, pour la toute première fois aux Assises, de Maros SEFCOVIC – Commissaire européen de l’Energie, qui a rappelé aux congressistes en ouverture que « l’union pour l’énergie ne se fait pas Bruxelles mais avec les territoires ».
#2 De nombreux grands témoins présents tout au long de l’événement
Autre symbole de cette montée en puissance de l’échelon local dans la transition énergétique et écologique de la société : la participation de nombreux grands-témoins de manière directe ou indirecte au cours de l’événement pour réaffirmer l’importance de la mobilisation des acteurs locaux à leurs côtés. Ségolène Royal – Ministre de l’Environnement s’est exprimée par la voix de Bruno Lechevin – Président de l’ADEME en ouverture pour rappeler les objectifs fixés à 2030 par la LTECV (30% d’ENR dans le mix énergétique de la France, x3 pour le photovoltaïque, x2 pour l’éolien et + 50% des réseaux de chaleur vertueux), les bénéfices induits par le développement des énergies renouvelables pour l’environnement, l’économie, la qualité de vie et l’emploi ainsi que les dernières grandes mesures prises par le gouvernement (2 APO sur le solaire, 2 APO éolien offshore, APO autoconsommation en Corse etc.) En conclusion la Ministre s’est adressée aux congressistes en remerciant les acteurs économiques et territoires représentés pour leur mobilisation exemplaire, rappelant qu’ils étaient le « fer de lance de la mise en oeuvre de la LTECV et de l’Accord de Paris ». Cette intervention a été suivie de celle de Pascal CANFIN – Président de WWF France, qui a notamment rappelé « le pouvoir extraordinaire des villes lorsqu’elles s’agrègent » et sa conviction que le XXIème siècle sera celui des « villes-monde ». Les ateliers, forums ont également démontré le développement important des coalitions « public/privé », « local/national » avec la participation de nombreux grands acteurs nationaux de l’énergie, du financement et des services aux côtés des acteurs locaux : EDF, ENEDIS, ENGIE, La Poste, la Caisse des Dépôts etc. Enfin, d’éminents chercheurs et experts sont venus partager leurs visions de la transition énergétique : Emmanuel Druon – PDG de Pocheco – à l’origine du concept d’écolonomie ou encore l’association Négawatt pour la présentation de son nouveau scénario énergétique 2017.
NEWSLETTER #FEVRIER 2017
#3 Les grands enjeux actuels de la transition énergétique et écologique passés au crible
La transition énergétique recouvre une multitude de champs. Lors des Assises, quelques grands enjeux se sont tout de même détachés et affirmés comme majeurs pour l’année à venir. Parmi eux : le lien entre santé publique et transition énergétique/écologique suite aux récents épisodes répétés de pollution aux particules, la question du financement de la transition énergétique avec le constat du développement important du financement participatif et des investissements verts, l’importance d’entrainer tous les acteurs dans la dynamique de transition et les opportunités générées par les coalitions d’acteurs et notamment les partenariats public/ privé, l’opportunité que représente l’exploitation des données de consommation énergétique pour l’élaboration des plans climat – air - énergie des territoires ou encore l’opportunité que représente la transition énergétique pour la création d’emploi (630 000 emplois créés selon le scénario Négawatt en 2030).
#4 Trophées de l’Adaptation au Changement Climatique et Territoires
organisés par l’ADEME : 3 territoires lauréats
Dans le cadre de ses missions pour inciter les acteurs à s’adapter aux
conséquences du changement climatique, l’ADEME a organisé la
deuxième édition des Trophées de l’Adaptation au Changement
Climatique et Territoires, qui récompensent et offrent de la visibilité
aux territoires qui s’engagent dans cette voie. Le 25 janvier, Bruno
Lechevin, Président de l’ADEME, a ainsi remis au cours des Assises, les
Trophées aux 3 territoires lauréats : le Parc naturel régional du Vercors pour son programme de développement touristique durable, la Ville de Paris pour son projet d’éco-quartier de Clichy-Batignolles et la Communauté d’Agglomération Hérault Méditerranée pour son aménagement du littoral.
#5 CIT’ERGIE : 17 collectivités récompensées par l’ADEME
Le 26 janvier, à l’occasion des Assises, l’ADEME a remis les labels Cit’ergie et Cap Cit’ergie à 17 collectivités, portant ainsi à 116 le nombre de collectivités engagées dans la démarche, soit 12,2 millions d’habitants aujourd’hui concernés. Le label Cit’ergie récompense les collectivités engagées dans une politique volontariste climat-air-énergie. Le Cit’ergie Gold, remis aux collectivités qui atteignent 75 % de leur potentiel d’action, a été attribué à la ville de Besançon. Le label Cit’ergie (50% du potentiel d’action) a été remis à 11 collectivités - la communauté de communes du Bassin de Pompey (54), la ville de Perpignan (66), la ville de Brest (29), la communauté d’agglomération Metz Métropole (57), la Métropole du Grand Nancy (54), la ville de Grenoble (38), Brest Métropole (29), la ville de Vénissieux (69), la communauté d’agglomération du Pays Châtelleraudais (86), la ville de Châtellerault (86) et la ville (38). 5 collectivités ont quant à elles reçu le label CAP Cit’ergie (35% de leur potentiel d’action) : la ville d’Alençon (61), la communauté d’agglomération d’Annecy (74), la communauté urbaine d’Alençon (61), la ville de Rillieux-la-Pape (69) et la communauté d’agglomération Le Grand Châlon (71).
#6 « Grand Prix des Certificats Blancs » organisé par la FNCCR : 8 lauréats
Le dispositif des CEE, créé en 2006 repose sur une obligation triennale d’économies d’énergie imposée par les pouvoirs publics aux vendeurs d’énergie. Ceux-ci doivent ainsi promouvoir activement l’efficacité énergétique auprès des consommateurs d’énergie: ménages, collectivités territoriales ou professionnels. Le dispositif est entré dans sa 3ème période d’obligation le 1er janvier 2015 pour une durée de 3 ans. Pour cette édition, le grand prix FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies) a distingué 8 lauréats de CEE obtenus entre le 12 décembre 2015 et le 16 décembre 2016. Un « 1er prix » a été attribué au Syndicat Départemental d'Énergie et d'Équipement de la Vendée (SyDEV) pour son éclairage public, au Syndicat Intercommunal d'Energies d'Equipement et d'Environnement de la Nièvre (SIEEEN) pour ses logements en regroupement de plusieurs maîtres d’ouvrage, à Habitat 76 pour ses logements en convention et dépôt direct, à Seine Saint Denis Habitat pour les CEE à destination des ménages précaires et au Syndicat Intercommunal du Thermalisme et de l’Environnement (SITHERE) pour la récupération de chaleur sur eaux grises. Lorient
Agglomération et le partenariat entre le Syndicat Intercommunal de la Périphérie de Paris pour les Energies et les Réseaux de communication (SIPPEREC) et le Syndicat Intercommunal pour le Gaz et l’Electricité en Ile-de-France (SIGEIF) ont quant à eux reçu un « prix spécial ». Lorient pour la diversité des acteurs rassemblés, des actions et des valorisations mises en oeuvre, et le partenariat SIPPEREC/SIGEIF pour son partenariat entre collectivités.
#7 Une collaboration transfrontalière franco-suisse inédite: le Grand Genève accueillera en 2018 la 19ème édition des Assises !
Le 25 janvier, les 3 co-organisateurs historiques des Assises Européennes de la Transition Energétique – la Communauté urbaine de Dunkerque, Bordeaux Métropole et l’ADEME ont annoncé, lors d’une conférence de presse, l’entrée officielle du Grand Genève au sein du Comité d’organisation de l’événement. Expérimenté dans l’accueil de grands événements internationaux (à l’image de la Conférence européenne des Villes Durables en 2013) le territoire transfrontalier du Grand Genève est également Territoire à Energie Positive pour la Croissance Verte (TEPCV) et engagé dans la démarche Cit’ergie. La prochaine édition des Assises Européennes de la Transition Energétique (2018) sera donc genevoise. Par conséquent, Dunkerque accueillera l’événement en 2019 et Bordeaux en 2020.
#8 Négawatt a levé le voile sur son tout nouveau scénario énergétique national prospectif
Réalisé par un collège composé de 23 experts et praticiens de l’énergie, tous impliqués à titre professionnel dans la maîtrise de la demande d’énergie ou le développement des énergies renouvelables, le scénario négaWatt crée un panorama complet de la consommation et de la production de l’énergie en France à partir d’une centaine de données qui rend possible une projection à 2050 heure par heure et est ainsi en mesure de proposer un scénario énergétique à partir de données concrètes, en repartant des besoins actuels. Réalisé pour la première fois en 2003, actualisé en 2006, puis en 2011, le scénario négaWatt 2017 a notamment comme objectif de (re)placer la transition énergétique au coeur des débats des Présidentielles – thème « oublié » pour l’heure selon l’association. Parmi les grandes conclusions structurantes, négaWatt a évoqué 5 ans de retard depuis son dernier scénario, notamment sur la rénovation du bâti, et la nécessité d’accélérer le processus de manière soutenue (780 000 rénovations par an). L’association a aussi insisté sur le fait qu’au-delà du bénéfice environnemental, la transition énergétique est une chance pour l’économie, la lutte contre la précarité énergétique, pour la qualité de l’air ou encore l’emploi. Le scénario négaWatt envisage notamment la création nette de plus de 630 000 emplois – dans la rénovation du bâti et la production des ENR. Autre élément important : négaWatt a envisagé les solutions énergétiques les plus pertinentes en fonction des usages. Ainsi, les énergies biomasse, bois et biogaz sont recommandées pour le chauffage des bâtiments ; l’éolien et le photovoltaïque sont quant à eux recommandés pour la production d’électricité. On y découvre également que la voiture électrique n’est peut-être pas généralisable à l’ensemble du parc alors que le biogaz doit être reconsidéré pour l’avenir du transport.
#9 Un « Carrefour des Métiers de la Transition Energétique » et un « programme off » pour impliquer les habitants et installer l’événement dans la métropole
Cohésion sociale et démocratie participative sont l’un des piliers du développement durable des villes. La transition énergétique et écologique est l’affaire de tous, à commencer par les citoyens. En parallèle de la tenue des Assises Européennes de la Transition Energétique, les organisateurs ont créé un « évènement dans l’événement » : « Le Carrefour des Métiers de la Transition Energétique » qui a mis en avant pendant 3 jours les filières professionnelles et métiers liés à la transition énergétique. Autre temps fort grand public : Bordeaux Métropole a également proposé aux habitants de vivre au rythme de l’événement grâce à un large programme « OFF » d’animations gratuites, à la fois pédagogiques et ludiques, adaptées à tous les publics : enfants, adultes, amateurs éclairés, curieux ou spécialistes de la question de la transition énergétique et écologique. Organisé en partenariat avec la Maison Ecocitoyenne de Bordeaux et
de nombreux acteurs locaux, le programme a proposé une vingtaine d’événements : expositions, conférences-débats, projections, visites exceptionnelles de sites ou encore balades urbaines…
#10 Les Assises : un éco événement qui surveille son bilan carbone !
Rassemblement dédié à la transition énergétique des territoires et à la lutte contre le dérèglement climatique" l'événement « Assises Européennes de la Transition Energétique » est pensé de manière à s’inscrire dans une démarche exemplaire en termes d’impact environnemental. De nombreuses mesures ont été prises par les organisateurs pour en limiter l’empreinte. Côté transports, un appel au covoiturage a par exemple été lancé sur le formulaire d’inscription et des tickets de transports pour les 3 jours de congrès ont été distribués aux congressistes pour inciter à l’utilisation du tram et du bus. Côté logistique d’accueil, la distribution de bouteilles d’eau a été remplacée par la mise à disposition de carafes d’eau au sein des espaces de restauration, un système de réservation des déjeuners du midi a permis de quantifier de manière précise les besoins en restauration et les denrées alimentaires non consommées ont quant à elles été valorisées en compost via les Détritivores, les gobelets (en carton et amidon) récupérés à la Cabane Bar ont quant à eux été compostés. Enfin, côté communication : les documents remis aux congressistes ont été imprimés sur papier recyclé en partenariat avec un imprimeur labélisé Imprim’Vert, les objets promotionnels ont été conçus en fabrication européenne et/ou avec des matières premières biologiques. Enfin, la température des espaces clos a été baissée d’un degré et les différents espaces de conférence ont été éclairés par des LEDs. Bien que la consommation d’énergie directe et l’impact de la restauration soient en baisse, le bilan carbone des Assises à 240 tonnes de CO², soit presque 100 kg par personne. L’une des principales raisons ? L’origine de plus en plus lointaine des congressistes, qui ont été 14% à utiliser l’avion pour venir à Bordeaux (ce qui correspond à 60% des émissions totales). Enjeu pour l’année prochaine ? Guider les congressistes vers le train lorsqu’ils disposent d’un trajet direct ou mieux encore vers le covoiturage.