Qualité de l’air et transition énergétique : l’expertise des AASQA au service des actions intégrées air-climat-énergie.

Par Guy Bergé, Maire de Jussy (Moselle), Vice-Président de Metz Métropole en charge de l’environnement et du développement durable, Président d’ATMO France



" Pour exercer leurs missions d’observatoires de l’air, les AASQA s'appuient sur un réseau de mesures, un inventaire des émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre, ainsi que sur des outils de modélisation (cartographies et scénarisations). Cela leur permet d'accompagner les collectivités territoriales par l’évaluation des actions de lutte contre la pollution de l’air et de réduction de l’exposition de la population à la pollution de l’air, et de les aider, ainsi, à concevoir des territoires respirables, sobres en énergies et émissions de gaz à effet de serre.


Fortes d’une expertise de plus de 40 ans, les AASQA ont pu évaluer à quel point les actions de réduction des émissions de polluants de l’air s’inscrivent dans la lutte contre le réchauffement climatique.


En revanche, certains leviers d’action mis en avant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (déplacements motorisés, secteurs résidentiel, tertiaire, industriel et agricole) peuvent dégrader la qualité de l’air extérieur et intérieur s’ils ne font pas l’objet de dispositions particulières. La combustion de bois et la biomasse, par exemple, sont des modes d’énergie renouvelable préconisés dans la lutte contre le changement climatique mais elle s’accompagne de rejets de polluants de l'air (particules, HAP, NOx, COV, ...) plus ou moins importants selon les installations de chauffage au bois ou l’origine de la biomasse. Le développement de cette énergie doit donc être accompagné par un renouvellement accéléré du parc vers des appareils très performants et moins émetteurs de polluants. L’efficacité des dispositifs de captage de la pollution sur les cheminées mérite aussi d’être évaluée, avant d’éventuelles préconisations. Même vigilance concernant l’isolation accrue des nouveaux bâtiments, bureaux ou logements, qui permet de limiter très fortement les consommations énergétiques mais qui, en revanche, peut dégrader la qualité de l’air intérieur si le dimensionnement des ventilations mécaniques est insuffisant.


Ces interactions contradictoires mettent en exergue la nécessité d’aborder les enjeux croisés de l'énergie, du climat, de l'air et de la santé dans une démarche intégrée et cohérente de manière à ce que les politiques mises en oeuvre valorisent les synergies, et maîtrisent parallèlement les effets potentiellement contre-productifs. Cette
approche transversale est nécessaire pour assurer la cohérence des actions menées et privilégier celles qui présentent des co-bénéfices pour la santé et le climat.