Délégué général de la Fondation Abbé Pierre

« A l’évidence, les politiques publiques se sont intensifiées depuis 2010 et plus récemment avec la loi de transition énergétique : CEE, objectifs de rénovation, programme Habiter mieux... Mais le nombre de ménages touchés continue d’augmenter de sorte qu’il faut redoubler d’efforts. »



« Un nombre croissant de personnes se privent de chauffage : en 2013, selon l’Insee, 19% des ménages déclaraient avoir eu froid dans l’année, principalement pour des raisons financières (11% en 1996). Selon l’ONPE, 1 million de ménages sont gravement touchés par la précarité énergétique et une étude initiée par la Fondation montre que la privation de chauffage a un impact sur des pathologies aigües et chroniques (maladies cardio-vasculaires, respiratoires, dépressions…), constituant ainsi un réel problème de santé publique.
La précarité énergétique est diffuse et irrigue au-delà de la grande exclusion. Méconnaissant les dispositifs existants pour les aider, refusant parfois de s’y adresser de peur d’être assimilés aux « exclus », les personnes touchées restent souvent invisibles. Le premier enjeu est donc de repérer et d’aller à la rencontre de ceux qui sont contraints de vivre dans des passoires thermiques : propriétaires qui n’ont pas toujours les moyens de financer seuls les travaux nécessaires ou locataires qui n’ont pas la possibilité de louer un logement performant.