Conseiller d’Etat chargé du département de l’environnement, des transports et de l’agriculture du canton de Genève ; Co-président de la communauté transfrontalière de l’énergie du Grand Genève.

« C’est maintenant aux régions, aux agglomérations, aux territoires qu’il appartient de s’engager massivement et avec motivation pour créer les conditions de l’action locale et mettre en oeuvre ou accompagner les programmes de mesures.»

 

 



« Il faut du temps ! Tout d’abord, pour admettre la réalité des changements climatiques. Ensuite, pour que chacun se range à l’idée que ces changements sont largement le fait de nos modes de consommation. Enfin, pour comprendre, à grande échelle, que ces altérations du climat et de l’environnement affectent notre santé et notre qualité de vie. Dans ces domaines, les études se multiplient et leurs résultats sont régulièrement diffusés. C’est encore le temps de l’alerte, bien peu réjouissant mais éminemment nécessaire.
Combien de temps nous faudra-t-il pour que se développe désormais une vraie culture de l’action ?
Sur le plan international, l’année écoulée depuis l’Accord de Paris a vu s’engager les Nations. La barre des 55 Etats représentants plus de la moitié des émissions de CO2 de la planète a donc été franchie en à peine un an, grâce à la détermination de certains et devant l’évidence d’un engagement massif requis.

C’est maintenant aux régions, aux agglomérations, aux territoires qu’il appartient de s’engager massivement et avec motivation pour créer les conditions de l’action locale et mettre en oeuvre ou accompagner les programmes de mesures.
Certains l’ont déjà franchi avec succès en matière d’innovation technologique, sociale ou de gouvernance. Leurs réussites sont une invitation à poursuivre.
A l’échelle du Grand Genève, des pionniers ont ouvert la voie avec par exemple l’utilisation de la thermie du lac Léman (GéniLac), le développement du premier bus 100% électrique sans ligne de contact (TOSA) qui se recharge aux arrêts en une vitesse record de 15 secondes, le projet Equilibre, les premiers écoquartiers… En termes de gouvernance, des projets citoyens se mettent en place et sur le plan institutionnel, une communauté transfrontalière de l’énergie a vu le jour en 2014 afin de placer la question de l’énergie au coeur des projets d’aménagement, en dépassant l’effet frontière.
Plusieurs décennies se sont écoulées depuis les premiers constats scientifiques de dérèglement rapide du climat sous l’effet des activités humaines…C’est long.
Ce temps n’est pas un problème pour notre planète, mais il en est un pour nous. Chacun à sa manière est prêt à donner du temps mais personne – et c’est bien naturel – ne veut en perdre. Le temps est donc notre première ressource et nous comprenons l’importance de ne pas le gaspiller. Alors, utilisons-le à bon escient. Agissons ! »
Rendez-vous aux Assises Européennes de la Transition Energétique de Bordeaux 2017, le 25 janvier 2017, à 10h, pour assister à la plénière « Grand Genève : des coopérations nécessaires pour des ressources en partage », menée par Luc BARTHASSAT.